Le zodiaque dans l'humour

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Le zodiaque dans l'humour

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 24 Oct - 12:43






Pensez-vous que naître sous tel ou tel signe influencera notre vie, notre caractère, nos comportements ?


On y crois... ou pas !


Pourtant, parfois, c'est étonnant les similitudes qu'il y a entre soi et son signe astrologique ;-)


J'ai découvert ce livre dont vous trouverez sous le titre la quatrième de couverture, histoire de vous mettre l'eau à la bouche... il y a maintenant... ouffffff, près de vingt ans, alors que je m'intéressais aux caractéristiques du zodiaque. J'avais déjà un certain nombre d'ouvrages, et plus j'approfondissais, plus je trouvais des points de similitude entre les personnes nées sous un même signe. Au cours d'une de mes journées de farfouillage dans une librairie, je suis tombée sur cet ouvrage, et la quatrième son synopsis m'a vraiment fait rire.


J'ai eu envie de reprendre ce vieux livre, et j'ai eu envie de vous faire partager ces moments de sourires qui seront publiés au fil des jours... par signe selon l'ordre du zodiaque.



Je vais donc commencer comme il se doit par le premier signe du zodiaque, le Bélier, mais ne vous inquiétez pas, tout le monde en aura pour son compte, et je serai moi-même bien servie ;-) A prendre avec un rayon de soleil dans la tête !



Petite précision, dans la seconde moitié de notre vie (après 40/45 ans), l'ascendant prend "le dessus" sur le signe, alors reportez vous aussi à votre ascendant si vous le connaissez, et si vous ne le connaissez pas, vous pourrez le trouver avec ce lien : http://www.astroo.com/ascendant-calcul-maisons.php


Ce serait bien le diable que vous ne vos retrouviez pas un peu dans ces lignes pleines d'humour caustique !!!!!!




Pascale











Ce qui suit a été écrit par l'Astrologue Fabienne Tanti.


Le
s 12 Signes du Zodiaque sont ainsi appelés les signes solaires, car ils sontfinis en fonction de la position du Soleil le jour de votre naissance.


Le
signe solaire défini le comportement de chaque individu. Il existe 12 signes solaire en fonction de votre date de naissance : Bélier, Taureau,meaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons.


Ces
12 signes sont répartis en 6 signes masculins (Bélier, meaux, Lion, Balance, Sagittaire, Verseau) et 6 signes féminins (Taureau, Cancer, Vierge, Scorpion, Capricorne, Poissons). Ceux qui sont nés en signe masculin auront plutôt une personalité extravertie, ceux qui sont nés en signe féminin auront une personalité plus introvertie.


Il
s se présentent ensuite en signes de Feu, Terre, Air et Eau, ce qui permet de définir des caractéristiques générales.


- Le
s signes du Feu (Bélier, Lion, Sagittaire) sont énergiques, enthousiastes, passionnés.


- Le
s signes de la Terre (Taureau, Vierge, Capricorne) sont concrets, stables, patients.


-
Les signes de l'Air (Gémeaux, Balance, Verseau) sont communicatifs, curieux intellectuellement, cérébraux.


- L
es signes de l'Eau (Cancer, Scorpion, Poissons) sont réceptifs, imaginatifs, intuitifs.



Def. Astrologie : Etymologie Astrologie signifie "discours sur les Astres"
L'astrologie est une discipline qui étudie les influences exercés par les Astres sur les destinées humaines et les phénomènes mondiaux. L'astrologie n'est pas exclusivement réservée aux humains. On peut aussi faire le thème d'un pays, d'un événement politique ou sportif.

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Humeurs du Bélier

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 24 Oct - 12:44






Lorsque le soleil entre dans le signe du bélier, le 21 mars, c’est le printemps. L’homme s’étonne. Le printemps à toujours étonné l’homme. La femme prépare sa mue. Elle s’épluche des gros lainages de l’hiver et songe à transparaître. L’homme s’étonne. La femme à toujours étonné l’homme.

Les brumes matinales ne s’attardent plus jusque dans l’après midi. La terre se réchauffe. On sort les bêtes. Tout de suite le bélier se porte en tête du troupeau. Les brebis rient sous cape. Le bélier n’y voit que du feu. Le bélier est un signe de feu.

Le bélier croit volontiers que toutes les brebis lui appartiennent, ce qui est faux : les brebis appartiennent au berger. Le berger est appelé Seigneur. Les brebis quand elles ne bougent pas et ne fabriquent pas du fromage de brebis, ont l’habitude de se serrer les unes contre les autres en chantant : « Le Seigneur est mon berger ». Ce cantique a le don d’agacer le bélier. On aurait tort d’en déduire que le bélier n’aime pas les cantiques, le bélier n’aime pas certains cantiques, c’est tout.

Le bélier est impulsif pour les uns, agressifs pour les autres. Il a quelque chose de musculaire et de frontal. C’est un primaire-Emotif-Actif, ajoutent les catalogues.

Le bélier baisse la tête. Le bélier baisse souvent la tête. On ne sait jamais exactement s’il est encore en train de penser ou s’il a déjà commencé à charger. Il prend de bons départs mais c’est un finisseur médiocre qu’on voit rarement dans la dernière ligne droite : il aime tellement les départs qu’il est probablement reparti dans une autre direction.

Le bélier n’est pas de ces têtes folles qui enfoncent les portes ouvertes : le bélier n’enfonce que les portes fermées. On l’a vu, au Moyen Age, soutenu par plusieurs hommes, démolir des battants de bois très durs et parfois même cloutés. Le bélier a conservé de cette époque des cornes recroquevillées.

Le bélier prend le monde de front. C’est après avoir attentivement observé le bélier que le poète inventa le mot têtu. Le bélier et non l’âne. L’âne est un entêté de l’arrière train, si j’ose dire. Il porte tout son poids que les pattes postérieures et refuse d’avancer ; le bélier porte tout son poids que les pattes frontales et refuse de reculer : on voit la différence.

Lorsque l’obstacle ou le contradicteur se dérobe, le bélier tombe sur la tête.

Le bélier est sujet aux coups de tête et aux accidents.

Le bélier est le premier signe du zodiaque. Il occupe les trente degrés du premier douzième de l’écliptique – auquel correspond aujourd’hui la constellation dite des poissons (en raison de la translation de l’axe terrestre ; la constellation du bélier retrouvera sa place dans vingt-quatre mille ans). Le bélier s’en fout. Il n’a d’ordre à recevoir que de Mars. La planète rouge est son ministère de tutelle.

Les béliers ont de réelles dispositions pour le sport et les armes. Quand ces dispositions ne sont pas contrariées, le bélier, martien, devient martial. Mais le bélier est souvent contrarié, comme tout le monde. Vénus (« en exil » dans le signe) le féminise, Saturne (« en chute ») l’inhibe et lui cause toutes sortes de tracas. Le bélier contrarié par Vénus et Saturne et forcé par ses parents à embrasser quand même la carrière militaire sera malheureux. Tous les bons auteurs s’accordent là-dessus.

Le second maître du bélier est le Soleil. C’est pourquoi il est souvent associé à la création, à la Genèse, voire à la génétique.

Il existe de nombreuses combinaisons planétaires plus ou moins harmonieuses qui permettent au bélier d’être plus ou moins malheureux, plus ou moins riche, plus ou moins malade. Et plus ou moins bélier.

Il faut dire ici un mot du faux bélier. C’est le type dont vous essayez de deviner le signe et à qui vous dites : « en tous cas, vous n’êtes pas bélier. » Le faux bélier ne croit généralement pas à l’astrologie. Il a tort, bien sûr, car il n’y a aucune raison vraiment sérieuse de ne pas croire à l’astrologie.

Le bélier est souvent un homme, mais souvent aussi une femme. Une femme bélier à beaucoup de mal à se faire accepter, par les moutons et par les brebis. Heureusement elle est bélier.

Le bélier est particulièrement habile, nous dit-on, à manier le sabre, la hache, le bistouri, le couteau de boucherie et le soufflet de forge. On se laisserait abuser par tant d’habileté et de tranchant. Le bélier est parfois doux comme un agneau. Il a le sens du sacrifice : c’est un bélier qui remplacera au pied levé le fils d’Abraham (dans la filiation duquel on retrouve le fameux Agnus-Dei-qui-tollis-peccata-mundi).

Il a de l’intuition et de la répartie. Le bélier n’est pas plus bête qu’un autre.


Le bélier et la balance qui sont opposés, se compléteraient agréablement si c’était possible. Le bélier préfère toutes sortes de signes aux vierges (il ne veut même pas savoir que les vierges existent). Un bélier et un capricorne se regardent en chiens de faïence. Le chien de faïence n’est pas un signe du zodiaque.

Si vous vous appelez Marlon Brando, Bismarck, Goya, Casanova, Nikita Khrouchtev, Murat, Landru, Van Gogh, Thérèse d’Avila, vous avez une bonne chance de devenir célèbre. Si vous vous appelez Charles Baudelaire, Charles Maurras, Charles Chaplin, Alfred de Vigny, vous serez un bélier saturnien (contrarié) célère. (Trois béliers contrariés sur quatre s’appellent Charles).




Jacques A Bertrand
"La Tristesse de la Balance"










Les prochains épisodes :
- Irréversibilité du taureau
Puis...
- Etonnement du gémeaux
- Refuge du cancer
- Eloignement du lion
- Martyre de la vierge
- Tristesse de la balance
- Vertige du scorpion
- Sagitation du sagittaire
- Précipices du capricorne
- Partage du verseau
et pour finir...
- Noyade du poisson

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Irréversibilité du Taureau

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 24 Oct - 12:45





On mène la vache au taureau mais on va chez le coiffeur, assurait l'un de mes premiers maîtres. L'école, reconstruite à la libération, avait été dotée de parquets de chêne. Les hivers enneigés, les écoliers étaient tenus d'apporter leurs pantoufles : ils déposaient leurs galoches à l'entrée de la classe. Une fois par an, leurs parents leur confiaient quelques anciens francs pour le « Sou des écoles ». Ce sont des choses qui donnaient du prix au printemps. Le taureau est très attaché au printemps et au prix des choses.

En ville, les taureaux demeurent plus nombreux que les coiffeurs, du point de vue zodiacal. On peut aller chez un taureau. Il y a chez lui toute sorte de robots ménagers et peut-être même un terminal d'ordinateur. On ne doit pas quitter ses chaussures. On ne doit même pas prendre les patins : c'est de la moquette qu'il nettoie sans la mouiller, avec des produits miraculeux et presque pas toxiques. Ainsi changent le monde. Le taureau change avec lui.


Cependant, le taureau n'est pas homme à se jeter tête baissée dans le changement.


Il assimile doucement. Le taureau laisse le sentiment de l'urgence s'installer lentement en lui, ensuite il s'ébranle. Lorsqu'il s'est ébranlé, il est difficile de l'arrêter. Il faut patienter jusqu'à ce que la nécessité de s'arrêter s'impose entièrement à lui. Même alors, il ne parvient pas toujours à s'arrêter. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est à cause du poids de l'élan. C’est mathématique. Ainsi vont les choses de la vie et du zodiaque. Le taureau est irréversible.


On a vu des taureaux se tuer en travail. Mais on aurait tort de prendre le taureau pour un perfectionniste. Le taureau n'est pas homme à fignoler. Le taureau dégrossit. Seulement il dégrossit sans arrêt. Le taureau s'ennuie le dimanche.


Le taureau écume. De rage, de plaisir. Son secret réside dans son cou - le cou de taureau - c'est un oral.


Le taureau n'est pas homme à se laisser envahir par l'angoisse métaphysique. Il préfère palper que penser. Il a l'intelligence gustative. Le taureau achète parfois, à cause du titre, « les nourritures terrestres » d'André Gide, en livre de poche. Il le finit rarement. Le taureau est essentiellement substantiel.


Le taureau ne manque pourtant pas de profondeur. Mais il échappe à la dialectique du primaire et du secondaire. Il est profond d'une manière irréfléchie.


Le taureau n'est pas homme au sens étroit du terme. Vénus et la lune lui font la chair palpitante et le poil brillant. Il a la plénitude élégante. C'est un signe féminin.


Une femme taureau et un homme vierge font sourire les esprits scientifiques. La tradition apporte pourtant ils sont faits pour s'entendre. La femme taureau, dit-on, est la femme la plus fidèle du zodiaque. Elle a du mérite car elle est très sensuelle. Sa voix l’indique clairement. L'homme raisonnable se bouche les oreilles pour ne pas entendre le champ de la femme taureau. Il sait qu'il n'a pas assez d'argent pour la rassurer (la femme taureau a besoin de sécurité). En outre, il ne tient pas se marier tout de suite.


Le taureau possède. De toute façon. À une époque où le taux d'inflation était encore acceptable, on a vu des dieux se changer taureau pour séduire d'innocentes jeunes femmes. Parallèlement, on a toujours sacrifié beaucoup de taureaux aux Dieux. Peut-être ironiquement.


Le taureau est capitaliste. Anticapitaliste (par exception), il reste très préoccupé par le capitalisme. Il écrit alors le capital sous le pseudonyme de Karl Marx. Lorsque son ascendant scorpion l'attire dans le royaume de la nuit, il écrit le Capital de l'Inconscience sous le pseudonyme de Sigmund Freud.


S’il fait du cinéma, il n'interprète que des rôles de taureau sous le pseudonyme de Jean Gabin. Ensuite, avec ses économies, il achète des terres. Il se consacre à l'élevage.


Le taureau est aussi persévérant dans l'échec que dans le succès. Alors qu'il est évident qu'il ne parviendra pas à atteindre son but (faire fortune), il continue tout de même à rédiger le nombre volume de La Comédie Humaine.


Autant qu'à redouter son vis-à-vis, le scorpion, on a tendance à le sous-estimer. Jusqu'où ira le taureau ?


Par ailleurs, on ne saurait prétendre qu'il manque de chance. « Le taureau à sa chance », comme dit le taureau El Cordobes.






Jacques A. Bertrand

"Tristesse de la Balance"












Prochain épisode : Etonnement du Gémeaux

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Etonnement du Gémeaux

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 24 Oct - 12:46




Sait-on jamais, entre le 21 mai et le 21 juin, si c'est la fin du printemps ou le début de l'été ? Non.

Mercure, qui règne sur cette période de l'année, est la planète la plus rapide autour du Soleil. On la voit tantôt le matin, tantôt le soir. Souvent, on ne la voit pas du tout. Les Égyptiens croyaient que Mercure était deux. Ils l’appelaient Seth et Horus. C'est pourquoi le gémeaux prend un X au singulier.


Le gémeaux n'est jamais « ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre ». Mais il est toujours ainsi. Aussi le reconnaît-on aisément.


Mercure était le Dieu des intellectuels et des voleurs. Il avait une belle figure et des ailes aux pieds. Le métal qui porte son nom est aussi appelé vif-argent. C'est un métal plein de fantaisie qui prend la forme de n'importe quel récipient. Tout en restant toujours en mouvement. Ce sont des choses qui ne s'inventent pas.


Il y a au moins deux types dans le gémeaux (à l'exclusion d'aucun autre). Le type Castor et le type de Pollux. Castor se consacre au commerce de l'esprit ; Pollux au commerce tout court. Le premier se laisse porter par ses désirs. Le second se fait porter par eux. De tels détails prouvent assez que l'astrologie et la psychologie sont des sciences exactes.


Sherlock Holmes était du type Pollux. Le docteur Watson du type Castor. Sir Arthur Conan Doyle était du type Castor-Pollux.


Marilyn Monroe était plutôt du type Castor. Franz Kafka était plutôt du type Kafka.


Le gémeaux est beau parleur avec parfois un côté camelot. Quand il ne parle pas c’est qu'il écrit, à moins qu'il ne compte. Tirer son épingle du jeu est le jeu qu'il préfère.


Le gémeaux est jeune. Il « fait jeune » où il est « resté très jeune ».


Les poumons sont le point faible du gémeaux (le signe est dit « d’air » et « double »). On a vu nombre de gémeaux jeunes, élégants, cultivés et très émotifs mourir de phtisie. Et plus tard de tuberculose.


Le gémeaux est partout et nulle part. Il s'évanouit facilement. Dans la nature. Et même en appartement. On ne saurait retenir un gémeaux : il faut attendre qu'il revienne. Comme c'est un esprit curieux de tout, il revient généralement avec des anecdotes qui font merveille dans la conversation - et lui évitent de s'attarder sur les raisons de son départ.


Le gémeaux ne conçoit guère le mariage qu’en terme de lits jumeaux, d'appartements jumeaux, voire de villes jumelées. Le gémeaux rêve d'épouser en mêmes temps plusieurs pairs de soeurs jumelles. La femme gémeaux ne sait pas se refuser mais elle se donne rarement. L'homme gémeaux ne se conduit pas autrement.


Le gémeaux est un primaire mais il embrasse bien. C'est-à-dire qu'il dispose d'une certaine ampleur de champ de conscience. C'est un superficiel large. Les profonds étroits supportent mal les gémeaux.


On se plaint beaucoup de gémeaux. À leurs proches. On trouve souvent dans l'entourage de gémeaux des confidents bien disposés à recevoir, avec attendrissement, les plaintes concernant les gémeaux. Mais il est plutôt difficile de se plaindre à un gémeaux en personne. Le charmant étonnement qu'il arbore, au moindre reproche, sur son visage, vous fait douter de vos griefs les mieux fondés. Le gémeaux vous offre l'occasion de dépasser votre besoin de certitudes. Vous n'êtes pas vraiment dupe. Lui non plus. C'est ainsi qu'on peut continuer à voir des gémeaux de temps en temps.


Il ne faut jamais compter sur un gémeaux : la plus petite attention de sa part vous procurera plus de plaisir que 30 ans d'amitié fidèle.


Tout homme a dans le coeur une petite place pour un ou une gémeaux. Cette place n'est jamais occupée en permanence. Cela permet alors de faire l'expérience de la vacuité. Il progresse spirituellement. Il parvient presque au détachement. Le détachement inquiète le gémeaux. Le gémeaux se rapproche. L'homme se détache du détachement. L'homme et le gémeaux vont dîner ensemble.


On voit couramment de telles choses dans le système solaire. Le système solaire est un fragile équilibre entre des forces d'attraction et de répulsion. Le zodiaque et dans le système solaire. L'homme est dans le zodiaque. Le gémeaux est dans l'homme. Le chroniqueur zodiacal considère toutes ces merveilles avec un regard amusé. Et une légère angoisse. Le regard amusé et la légère angoisse sont ses deux principaux outils.


Que serait le chroniqueur zodiacal sans le regard amusé et la légère angoisse ? Rien. Ou si peu. Il ne croirait plus à rien. Il ne se fierait pas davantage à l'homme qu’au gémeaux. La seule idée d'avoir ensuite à traiter le cancer lui serait insupportable. Ce ne serait pas bon signe.




Jacques A Bertrand
"La Tristesse de la Balance"









Prochainement : Refuge du cancer

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Refuge du Cancer

Message  Swad' (Djinpa) le Lun 25 Oct - 18:52






Le cancer est rêveur, fantasque, capricieux, charmant, fascinant, terriblement irritant.

Il vagabonde. Il est à la foire et au moulin. Il ne sait pas vraiment si veut regarder ou se faire voir. Il promène dans le monde son monde à lui. C'est un mondain introverti.


Il marche à l'intuition et aux souvenirs. D'ailleurs, il marche de travers quand il est crabe, franchement à reculons quand il est écrevisse.


Observons le crabe cancer. Il a l'air mou. On ne saurait nier le fonds de mollesse du cancer. Il est cependant pourvu d'une solide carapace et il regagne son trou avec vivacité. Serait-il mou seulement entre le moment où on le surprend et celui où il se souvient de sa carapace et de son trou ? Le crabe conserve un fonds de mollesse jusque dans sa vivacité. Dieu merci, il restera quelque mystère après que nous aurons achevé cette chronique.


Il se dégage du crabe cancer une impression de digestion. Ces multiples mandibules ne cessent de s'agiter et de saliver, même lorsqu'il nous regarde dans les yeux. Il se nourrit de toutes sortes de déchets qu'il assimile avec une rare obstination. C'est un estomac sûr pattes. Une véritable usine de retraitement d'ordures organiques. On voit l'intérêt écologique du crabe qui est lui-même nourriture après décorticage.


Il est parfois tourteau, ce qui lui donne l'air bonhomme, et parfois étrille. L'étrille est un petit crabe mince, le seul à savoir nager à reculons. Ses pattes postérieures aplaties lui permettent une brasse dansante. Sur la côte vendéenne, on le désigne sous le vocable très cancerien de «balleresse ». Il est tout à fait comestible, sauté à la poêle, à la provençale. (La manière « à la provençale » est très répandue en Vendée. On finira par l'appeler « à la vendéenne ». Ainsi meurent les civilisations.) Réflexion faite, le nom d’étrille est très cancérien aussi.


Le cancer à une vie intérieure intense. Et un peu fouillis. C'est un inconscient caparaçonné. Ces multiples mandibules internes n'arrêtent pas de mâchonner du conscient pour en faire l'inconscient. Il fait de l'inconscient avec tout.


Le crabe cancer se replie sur lui-même, ses pattes sous lui et ses pinces devant les yeux. L'écrevisse, la langouste ou le homard cancer adoptent carrément la position fœtale en repliant leur queue. Maman ! Le Cancer appelle souvent sa mère, soit qu'elle lui manque, soit qu'elle étouffe. Il se veut farouchement indépendant mais il se voit bien, aussi, douillettement lové dans quelque giron.


Le cancer ne se penche pas sur son passé : il y plonge, il baigne. Il ne fait pas de projets d'avenir, il fait des projets de passé. S'il prévoit de consacrer son temps à quelque chose, c'est « à la recherche du temps perdu ».


Incertitude, Ô mes délices

Vous et moi nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses,
À reculons à reculons.
(Apollinaire)

A force de se replier sur lui-même et sur son passé, le cancer fini par se demander si le monde existe vraiment en dehors de sa carapace. « Moy, je me regarde dedans Moy, je n'ai affaire qu’à ce Moy, je me considère sans cesse, je me contrerolle, je me gouste, je me roulle en Moy mesme », assure Montaigne. (Cette rigueur dans l'introspection lui vient de son côté Saturnien, la plupart des cancers s’introspectent avec plus de fantaisie).


On comprend que le cancer soit prédisposé aux névroses, aux longues maladies, aux symptômes imprécis et aux guérisons incomplètes.


Le cancer est prolifique. En œufs, en paroles, billets, libellés, poèmes, romans, œuvres en tous genres. L'abondance de ses pontes et fonctions de la sélection naturelle qui est sévère. Sa prolixité est encouragée par la lune - planète de la mère, de l'eau, du fourmillement, de la foule et des mirages -, sa maîtresse. (Il faut avoir vu le ballet, ravissant est un peu ridicule, que le crabe exécute pour sa maîtresse lorsqu'elle est pleine.)


Le cancer est tantôt lunaire tantôt lunatique. Tantôt enchanteur, tantôt illusionniste. Il a toujours son miroir-mirage sur lui, il passe par des phases, il a sa face cachée qu'il se cache à lui-même.


Son humilité est généralement feinte. Il ironise volontiers - peut-être pour dissimuler un manque d'humour. Il vit sa solitude au milieu de la foule. Il entend mais il n'écoute pas. Il n'a pas vraiment besoin d'écouter. Il est très réceptif. Doué pour la télépathie, pour la modulation de fréquence et toutes ces sortes de merveilles. Mais sait-il seulement qu'il a entendu ?


Le cancer aimerait bien qu'on le prenne avec des pincettes. La nature et le zodiaque, qui sont malicieux, l’on doté de grosses pinces. Profitons des leçons de la nature du zodiaque. Prenons le cancer avec des pincettes. À cause de ses grosses pinces.




Jacques A. Bertrand
"Tristesse de la Balance"










Prochain épisode : Eloignement du Lion






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Eloignement du Lion

Message  Swad' (Djinpa) le Mar 26 Oct - 13:28








Le lion est beau, grand et généreux. Le lion et plein de vitalité. Le lion est plein de superbe. Le lion en jette. Le lion a du chien.

Le soleil soulève son manteau d'hermine d'une main et l’écarte de l'autre, en s'appuyant sur sa canne, comme Louis XIV. Pour montrer ses bas de soie. On voit ces détails très nettement sur la célèbre photo de Lartigue.


Le lion a tout pour devenir empereur des Français mêmes s'il commence comme simple lieutenant. Il s'empâte un peu en vieillissant. Il finit à Sainte-Hélène. Ou à l'asile. (Beaucoup de lions se proclament empereur des Français, tous ne sont pas crus sur parole.) Après sa mort, son cours monte. Il y a une flambée du Napoléon. Le lingot est hors de prix. Toutes les autres valeurs françaises s'effondrent. C'est le retour de la démocratie.


Le lion à une grande passion pour la démocratie, sauf qu'il ne comprend pas pourquoi les autres ont encore quelque chose à dire quand il a fini de parler. C'est sans malignité. Le lion est persuadé qu'il est les autres. Dès lors, comment s'étonner qu'il parle au nom de tous ? Il a le moi expansionniste, le narcissisme impérialiste. L'État, c'est lui. Mais il est rarement « bureaucratique » : le goulag, avec son côté sombre et dissimulé, ne convient guère à son tempérament de feu. Il préfère les champs de bataille ensoleillés, du type Austerlitz. (À Waterloo, il pleuvait, c'est sur - Grouchy qu'il avait les imperméables, était en retard, ce qui n'arrangea rien).


Le Soleil est le maître du lion. Il réchauffe, éclaire, illumine, éblouit, brûle.


Le lion est visible. Le lion est ostentatoire. On ne voit plus que le lion. Lui ne voit personne, en tout cas. L'univers du lion est un théâtre où l'humanité se répartit entre l'orchestre, le balcon et le poulailler. Le lion et sous l'effet de la rampe.


Le lion est chef. Au grand concours de chef d'État du zodiaque, il devance capricorne et scorpion. Le lion est directeur. Jamais sous directeur. Plutôt rien du tout que sous-directeur, telle est la devise du lion. Diplomate, à la rigueur, comme Paul Claudel. Il parcourt alors le théâtre du monde en souliers de satin - qui sont des chaussures luxueuses.


Le luxe et la seconde nature du lion. Il étale soigneusement autour de lui. Quand il en manque, il étale quand même. Il complète avec n'importe quoi. Le n'importe quoi en grande quantité à quelque chose de luxueux. Un bracelet de quincaillerie, c'est toc ; 15 c'est lion. (Dans ce cas précis, le lion est généralement une lionne.)


Lorsqu'il n'a vraiment rien à étaler, le lion s'étale lui-même. Il fait de « l'inflation psychique », comme dit Carl Gustave Jung.


La lionne se distingue du lion par un système pileux moins fourni. Or c'est ce système pileux fourni - cet ensemble barbe-chevelure tellement royale - qui permet de remarquer de loin le lion. (Un lion est toujours loin. Il est intéressant de noter, à l'intention des nombreux philologues qui nous lisent, qu'il suffit d'intervertir le I et O de lion pour obtenir loin. Une telle coïncidence ne saurait être fortuite.) La lionne, n'étant jamais sûre qu’on la prend bien pour un lion, a tendance en rajouter. C'est elle, surtout, qu'on voit à la chasse et dans les cocktails. Un rien d'ample et coloré l’habille mais elle a peu de goût pour les petits tailleurs sobres et les parfums discrets.



Le lion travaille dans l'ampleur. Il n'aime pas être gêné sous les bras. Il anime, il oriente, il crée. De grandes fresques ou de grosses entreprises - parfois les deux, comme Cécile B. De Mille. Il préfère ne pas s'arrêter sur les détails dont il confie le soin à d'autres. L'intendance suit le lion.

Le lion offre des tournées générales - des tournées électorales - d'un geste large. Il faut éviter de boire trop souvent sur le compte du lion. Ce n'est pas qu'il finira par vous le reprocher, non, le lion et généreux. Mais enfin, il est porté à penser que tout le monde lui est redevable, avant même d'avoir réglé la moindre addition.


Le lion a indiscutablement un côté Hercule revêtu de la défroque du lion de Némée : l'air invincible et tout. Mais la flatterie la plus grossière le mettra à vos pieds.


Le lion est énergétique. Il produit de l'énergie et en consomme, sans économie. Il est aussi sujet aux congessions, aux accidents cardiaques, aux hémorragies, à toutes sortes d'explosions. Et aux insolations.


Le lion est mûr. C'est l'apogée de l'été. Tout dans la nature, n'est plus de foisonnement, bouquets, gerbes et volupté. L'apothéose. Mais on sent bien qu’en même temps c'est la fin de quelque chose. Les blés commence à ployer sous le poids des épis.


Il y a de l'orage dans l'air. On moissonne les blés. L'orage éclate. Le lion est foudroyé. (On rendra hommage à ses cendres, un peu plus tard.) Il ne reste rien. À peine quelques grains à glaner par-ci, par-là. Ça ne devrait pas déplaire à la vierge.





Jacques A. Bertrand
"Tristesse de la Balance"














A suivre : Martyre de la Vierge

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Le martyre de la Vierge

Message  Swad' (Djinpa) le Mer 27 Oct - 13:10








La vierge et follement sage. Si elle se permet de temps en temps quelque folies, c'est très sagement. On ne saurait trop encourager la vierge à faire des folies.

Les petites passions ravissent mieux la vierge que les grandes passions qui sont bien trop grandes. Proposez une petite folie à la vierge, elle vous trouvera follement audacieux ; proposez-lui une folie seulement moyenne, elle vous trouvera complètement cinglé.


La vierge exacte. Comme l'heure et la science du même nom. Demandez l'heure à quelqu'un dans la rue. Si l'on vous répond : « il est exactement… », C'est la vierge. La vierge est toujours à l'heure, Bernadette Soubirous a souvent insisté là-dessus. Lorsque la vierge tient un discours, c'est généralement sur la méthode. On a longtemps cru que le fameux Discours de la méthode était une chronique zodiacale consacrée à la vierge.


La vierge contrôleur des poids et mesures. La vierge est apothicaire. La vierge ne dépasse jamais la dose prescrite sans avis médical. La vierge fait des collections de timbres. La vierge donne des leçons de choses mais refuse de se laisser donner des leçons par elles. « Une seule démonstration me touche plus que cinquante faits », assurait Diderot. (Diderot faisait collection de définitions).


La vierge est intelligente et organisée. Il n'est pas rare qu'elle parvienne à reconstituer un brontosaure entier avec un tout petit bout de clavicule, comme Cuvier. Elle décèle tout de suite ce qu'il y a de vraiment chimique dans l'alchimie, comme Lavoisier. Elle n'a pas son pareil pour repérer une faute d'orthographe, une erreur dans l'addition et un noeud de cravate par droit.


La vierge ajuste, recopie, retouche, perfectionnent. La vierge Tolstoï recopia cette fois le manuscrit de « guerre et Paix ». Ça valait le coup. La vierge Boileau remis 100 fois sur le métier son ouvrage « art poétique ». C'était excessif.


La vierge cherche la petite bête. Quand elle n'est pas maniaque, c'est qu'elle est entomologiste. Elle tire de ses observations à la loupe et au microscope une foule d'enseignements, car les insectes sont tout aussi mystérieux que les étoiles (comme le fit un jour remarquer, très justement, Blaise Pascal).


La vierge est d'aplomb. Dans la rue et dans la vie, elle suit sa direction comme le fil à plomb suit la direction du plomb. Gardez-vous de la déranger. Soyez polis, mais sans excès. Dites seulement : « bonjour, M. Saint-Just. » Essayez de marcher un peu plus droit.


La vierge souffre du fait qu'il n'y ait pas de mots pour dire « perfectionnisme » sans nuance péjorative.


La vierge n'a pas tort, la version en raison, la vierge a toujours raison, la vierge est rapidement insupportable.


Il peut arriver à la vierge d'avoir horreur d'être vierge. Dans ce cas, elle se transforme en scorpion. Le scorpion un côté vierge folle. Ce n'est pas mieux mais c'est plus imprévisible. César Borgia et le cardinal de Richelieu avaient horreur d'être vierge.


Contrairement à ce que laissaient entendre les journaux de l'époque, Jeanne-d'Arc était capricorne.


Avec un peu d'humour la vierge devient type passionnant. Comme les humoristes les autres signes.


La vierge épargne : elle a peur de manquer. La vierge s'épargne : elle a peur de souffrir.


Elle fuit la fréquentation des instincts. Elle n'accepte que peu d’'invitations à dîner. Elle se limite aux emplois modestes. Elle sera secrétaire d'État plutôt que ministre. Elle sait parfaitement qu'elle est plus compétente que le ministre mais ne serait-ce pas la, justement, la justification du secrétariat d'État ?


La vierge n'est pas loin de voir de la grandeur dans la petitesse.


La vierge se replie sur elle-même avec inquiétude. Elle finit par se réfugier tout entière dans ses intestins. Elle est constipée. Elle redoute une occlusion intestinale. Elle s'affole, elle se contracte, elle est de plus en plus constipée. Elle fait une occlusion intestinale nerveuse.


La vierge à une petite santé, elle est sans cesse sur le point de mourir, elle n'arrête pas de se plaindre, sauf à la fin, quand tous ses parents et amis sont décédés.


La vierge demeure mystérieuse. C'est par l'intestin que la vierge accède au mystère. L'intestin, ce labyrinthe, lieu du transit intestinal, ce parcours initiatique.


Mercure, en passant de l'air des gémeaux à la terre de la vierge, se spécialise dans sa fonction de métal réducteur et participe à toutes sortes d'opérations chimiques et alchimiques. On ne s'étonnera donc pas de voir la vierge - quand elle a ni froid ni mal au ventre, quand elle ne confond pas purification et purge - accomplir de petites merveilles !





Jacques A. Bertrand
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A suivre : Tristesse de la Balance

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Tristesse de la balance

Message  Swad' (Djinpa) le Jeu 28 Oct - 13:34






À l'extrême pointe de septembre, l'été décroche. La vie à un léger flottement. Il y a comme un balancement dans l'air. La balance est un signe d'air. L'air rafraîchi. La balance se dépêche de rentrer par crainte de prendre froid. La balance s'enrhume pour un rien. La balance craint également de prendre chaud. Le chaud et le froid donnent des sueurs à la balance. Elle ne se plaît que sous les climats bien tempérés.

Les symboles passent. Déjà la moitié du zodiaque : on se retrouve en face du bélier. Le bélier fait signe. La balance fait semblant de ne pas le voir. Elle se sent un peu triste. La balance s’attriste pour un rien. Elle est inquiète. Préoccupée. La balance a des préoccupations très fines, entrecoupées par un lancinant désir de distraction. C'est une pharmacienne soucieuse qui, entre deux dosages infinitésimaux, éprouverait l'impérieux besoin d'aller danser le menuet.


Le menuet, pas la Java. La balance a horreur de la Java.


Je m'emporte : la balance n'a horreur de rien. Disons que la balance ne goûte guère la Java.


Les choses mal assorties, les couleurs criardes, les voix trop fortes déplaisent à la balance. Elle n'apprécie que les instruments de musique bien tempérés. Un défaut de balance lui gâche tout le plaisir de la stéréophonie. Elle est à la régie du zodiaque, entre le jour et la nuit, entre la chair esprit.


Les demi-teintes de l'automne vont à la balance comme un gant. La balance à plusieurs paires de gants. Elle en met dans toutes les circonstances.


Si la balance avait horreur de quelque chose, elle aurait horreur de la peine. D'en avoir ou d'en faire. La balance n'est pas un homme de peine.


La balance supporte mal les conflits, qu'ils soient familiaux, vicinaux ou internationaux. Elle veut avoir la paix. Dans les cas extrêmes (Gandhi), elle peut aller jusqu'au pacifisme. Dans les cas ordinaires, la balance est un être plein de bonne volonté qui souhaite vivre en bonne intelligence.


La balance est diplomate. La balance a le sens de la justice - à moins que ce ne soit la justice qui ait le sens de la balance !


La balance se méfie des béliers, des cancers, des capricornes (qui sont, comme elle des signes « cardinaux », portiers des saisons). Et aussi des autres signes... La balance se méfie de tout même d'elle-même. Elle éprouve le besoin de se contrebalancer. C'est pourquoi elle fait grand cas des associations en tous genres et en particulier du mariage. Cela finit souvent mal. La balance ne sait pas refuser. Elle hésite, elle concilie, elle atermoie, elle signe. Une fois mariée, elle trouve vite un amant ou une maîtresse afin de continuer à balancer.


La balance à le balancement dans le sang. Aussi "danse" t’elle comme personne.


La balance a besoin qu'on l'aime. Elle quête avec fébrilité l'approbation de son entourage. Par bonheur, elle ne manque pas de charme. Ce charme lui vient moins de sa faculté de mesurer que de sa faculté de balancer. (Le charme n'est pas un instrument de mesure, c'est un instrument de balance.)


La balance est généralement adorable avec les gens qu'elle ne connaît pas. Elle peut se montrer désagréable avec les gens qu'il a déjà séduits depuis quelque temps. C'est que, si Vénus repose aimablement sur un de ses plateaux, Saturne veille sur l'autre.


Parfois, la balance porte des tares qui l’entraîne à des excès, voir à de brusques revirements innatendus. Le plus souvent, elle se complaît dans le vague à l'âme, dans le vague au corps, aussi. Elle se sent lasse. Tristounette. Sans savoir exactement pourquoi. Il n'est pas rare de voir une balance s'arrêter pour s'interroger sur l'origine du léger voile de tristesse qui vient de la frôler. Presque rien. La balance n'a pas son pareil pour enregistrer un presque rien. La moindre variation d'ambiance lui donne des frissons. Avec un presque rien, elle peut faire de "grandes" choses. La balance est très sensible.


La balance partage avec le capricorne le monopole de la mélancolie. La mélancolie est un presque rien qui peut peser lourd. Certains l'appellent neurasthénie. La balance ascendant capricorne est très mélancolique. Pour elle, la gaieté à quelque chose du vulgaire, et même de pathologique.


Tous les équilibres sont fragiles. À peine la nuit avait rattrapé le jour que déjà elle l'emporte sur lui. La matière l'esprit se jouent des tours complètement irrationnels. L'instabilité s'installe.


En fait, l'équilibre et dans le balancement. La balance le comprend sur le tard. Elle cesse de vouloir concilier le jour et la nuit. Elle laisse tomber son aiguille. Elle perd du poids. L'univers lui paraît plus léger.


Alors, au beau milieu du zodiaque, dans la mouvance de la chair et de l'esprit, du jour et de la nuit, la balance s’en balance.




Jacques A. Bertrand
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Prochain épisode : Vertige du Scorpion

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Le vertige du Scorpion

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 31 Oct - 14:46








Les feuilles mortes se décomposent lentement dans les flaques d'eau croupissante de l'automne. Le scorpion danse à petits pas.

Le scorpion à tout pour plaire. La démarche de l'araignée et du serpent à la fois. Cette lenteur lourde de menaces - une hésitation enceinte d'une vivacité…


Le scorpion danse à petits pas avec Héros et Thanatos. Il est prêt à se laisser mourir de plaisir mais, à la moindre douleur, il se sent revivre. Il ne cesse de se détruire et de renaître à longueur de journée. Le Phénix - l'oiseau qui renaît de ses cendres -, c'est lui. C'est symbolique. Le scorpion est très symbolique. (« Il est dans l'essence des symboles d'être symboliques », assurait Jacques Vaché.)


L'aigle est le symbole supérieur du signe. Le scorpion est la chenille de l'aigle.


Le scorpion attend des métamorphoses. En attendant, il fermente. Dans l'eau stagnante des marais ou dans « l'eau-de-vie ». Le scorpion est un alambic - ou mijotent des pulsions, des appétits, des refoulements - doté d'un sexe et d'un anus. La vierge et la balance en tout digéré ; le scorpion rend à la terre ce qui appartient à la terre.


Le scorpion n'a pas l'air tranquille. Qu'est-ce qui inquiète scorpion ? Rien. Tout.


Le scorpion s'interroge. Il doute. De tout et parfois même de ses doutes. C'est un interrogatif entêté. Un inquiet obstiné. Son doute a quelque chose de sérieux, de réfléchi, de rassurant finalement. Les gens sont tellement plongés dans le doute, submergés par le doute, qu’on ne peut même dire qu'ils doutent. Le scorpion, lui, doute vraiment. À force de ténacité, il finit par imposer son doute à tout le monde.


Cent fois on l’a cru mort, ou retraité. Il avait traversé plusieurs déserts. On ne parlait déjà plus de lui qu’au passé et puis le revoilà. Il s'appelle De Gaulle. Ou Mitterrand. Il croit dur comme fer en la France, c'est-à-dire en lui-même. Il est tenace. Résistant. Quand les choses ne lui plaisent pas, il fait de la résistance. Il prépare la libération. Si la libération ne lui plaît pas, il refait la résistance.


Tous les scorpions n'ont pas autant d'ampleur dans le doute. Il y a ceux qui grignotent, ceux qui se ratatinent. Ceux qui se laissent aller. A l’alcool, à la drogue, au sexe. Le scorpion est beaucoup plus que sexué ou sexuel. Le sexe est pour lui une espèce de drogue alcoolisée mais dont il use ordinairement - comme d'un vin de table. Le scorpion est - comment dire ? – Sexique.


Le scorpion fréquente les perversions, mais sans en faire toute une histoire. S'il va jusqu'à la frénésie, c'est qu'il a horreur de la médiocrité. Ne parvenant pas à s'imposer comme un criminologue premier plan, il devient un grand criminel. C'est un exemple ! Un problème sexuel le fait verser dans une spiritualité débridée. Il fait indifféremment des excès de table de jeûne.


Le scorpion est sincère et entier. S’il est blessé, le scorpion pique, il a le ton vif, l'ironie facile, le sarcasme rapide. En même temps il est facilement vexé. Le scorpion est susceptible.


Le scorpion n'est pas méchant méchamment. Il est méchant par inquiétude. Ses grands désirs et ses doutes profonds le fonds s'agiter dans tous les sens. À force de faire des gestes inconsidérés, ont fini par commettre des maladresses.


Le scorpion est nerveux. Quand les circonstances s'y prêtent - quand il est cerné par le feu, ou persuadé qu'il vient d'attraper la syphilis, le scorpion se pique lui-même. Le scorpion porte toujours sur lui son épée de Damoclès. Il serait bien avisé de se munir de sérum contre son propre venin.


Le scorpion est autocritique. Critique. Curieux. Sexologue. Psychanalyste. Sado maso. Caca boudin. Agent secret, double de préférence. Héros Dostoïevskien, peint par Jérôme Bosch et ironiquement commenté par Paul Villiers et de L'Isle-Adam.


Le scorpion est mal vu. C'est le mal-aimé du zodiaque. On convoite ses richesses enfouies et ses pouvoirs secrets. On redoute son côté Faustien. Tout cela étonne scorpion. Il se croit très simple. Le pire, c'est qu'il l’est, d'une certaine façon. Étrangeté du scorpion. Étrangeté de l'homme. Vertige de la chronique zodiacale.


Il faut s'y faire ; le scorpion est l'un des plus anciens habitants de la terre. Aux dernières nouvelles, il résisterait à la radioactivité.














Episode prochain : Sagitation du Sagittaire

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Sagitation du Sagittaire

Message  Swad' (Djinpa) le Dim 31 Oct - 14:47





Par Jupiter ! s’écria-t’il. (By Jove ! dans la version originale). C’était un sagittaire.


Le sagittaire fait souvent référence à Jupiter, soit par conviction religieuse, soit par snobisme. Soit par vanité : le sagittaire se croit volontiers sorti de la cuisse de Jupiter. La plus grosse planète du système solaire est la maîtresse et, dans l'homme zodiacal le sagittaire figure la cuisse. (Tout se tient).


La cuisse et le point faible du sagittaire. Pour le reste, il est une santé de cheval. D'ailleurs, on le représente avec un buste d'homme sur un corps de cheval. Avec un arc et une flèche. Tous ces attributs lui donnent une espèce d'ampleur dans le mouvement. Le sagittaire prend de la place.


Son assise solide - sur quatre sabots - et sa hauteur de vue et permettent de tirer ses flèches assez haut et loin (n'importe quel expert en balistique confirmera). Mais le sagittaire n'a pas forcément l'ambition de viser les étoiles. Il se contente souvent de la chasse, des jeux olympiques, du commerce en gros, voire de l'arrivée du tiercé à la télévision. Quoi qu'il en soit, il a tout pour réussir, dans la quête spirituelle ou dans la conquête matérielle. Cependant il lui arrive d'échouer dans les deux.


Le sagittaire est souvent sage, mais il éprouve souvent aussi le besoin de s'agiter. Il se met alors à galoper dans tous les sens, à lancer des ruades et à tirer en l'air. Ce sont des défauts de jeunesses qui lui sont d'autant plus facilement pardonnées qu'on s'accorde généralement à lui trouver la figure joviale. (Tout se tient.)


On aura reconnu dans ces quelques traits un authentique descendant du centaure. Le centaure remonte à la plus haute antiquité. À l'époque, les dieux faisaient plein d'enfants à des mortels biens moulées dans des tuniques très simples. Cela donnait parfois des centaures (les dieux savent pourquoi). Saturne, déguisé en étalon, en avait fait un à Philyre, une ravissante océanide. Philyre en fût désespérée. Elle avait tort : le petit centaure Chiron devint un sage. (Pas comme d'autres centaures qui ne pensaient qu'à la bagatelle, qu’à la politique, ou qu'à l'arrivée du tiercé à la télévision). Ces épisodes essentiels de l'histoire de France sont scandaleusement passés sous silence dans les manuels récents.


Dans « Fantasia » de Walt Disney, on voit une colonie de centaures évoluant gracieusement dans la nature au son de la « Pastorale » de Ludwig Van Beethoven. Vers la fin, un orage éclate et l’on voit Jupiter en personne sortir des nuages pour décrocher quelques éclairs. Or, Ludwig Van Beethoven et Walt Disney étaient tous les deux sagittaires. (Tout se tient).


Le sagittaire est un signe de feu. C'est le dernier feu de l'automne. Il voit loin. Il joue les guides, les prophètes, les gardiens de phare. Il a l'esprit de synthèse. Il fait un excellent professeur, un remarquable organisateur. Il adore parler et organiser des réunions. Il organise des réunions pour pouvoir parler. Comme il parle longuement, il est réputé de bon jugement. La magistrature lui tend les bras. Il la repousse poliment. Il préfère voyager. L'aventure le tente. Mais en tout bien tout honneur : il sera explorateur plutôt qu'aventurier. L'honorabilité est le dada le sagittaire.


Quand chez lui l'animal l'emporte, sa croupe épanouie lui donne un côté percheron. C'est un sensuel tranquille. Un bon vivant. Il se tape volontiers sur les cuisses. Mais il demeure raisonnable, économe, conformiste. C'est un notable ; un habile maquignon qui songe parfois à la députation. On le désigne facilement comme juré.


Il a ses emportements mais il sait se tenir : il pose sa foudre et rentre tranquillement dîner avec Junon et les enfants.


Quand le haut l’emporte, c'est un cheval de tête. Il est moins en chair. Quelque peu ombrageux. Il court aussi l'aventure mais intérieure. Il est en quête d'une initiation, soucieux de connaissances, de perfection, de sagesse - toutes choses qui rendent l'homme très malheureux mais forcent le respect de ses biographes.


À part ça, le sagittaire peut faire ce qu'il veut. De la musique comme Berlioz, de la poésie comme Éluard, du cinéma comme Fritz Lang, de l'aviation comme Mermoz, de la politique comme Churchill. Ou l'arrivée du tiercé à la télévision comme Zitrone.


C'était la fin de l'automne. By Jove ! S'écria le sagittaire et il décrocha sa flèche en direction d'un printemps mythique. Le capricorne qui, au seuil de l'hiver, affichait déjà cet air détaché qui sied si bien à sa physionomie, fit semblant de ne pas s'en apercevoir.














A suivre : Précipices du Capricorne

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Précipices du Capricorne

Message  Swad' (Djinpa) le Mar 2 Nov - 10:21






Quand, pour cette drôle de chèvre, vient le temps de montrer ses cornes, c'est la plus longue nuit de l'année. L'homme veille au coin du feu - ou au milieu du chauffage central, devant la télé. L'homme se sent gagnés par le sommeil. Plusieurs fois déjà, sa tête a piqué vers sa poitrine. Une étincelle un peu plus grosse que les autres - jaillie du foyer de la boîte à électrons – l’a fait se redresser. La femme conseille à l'homme d'aller se coucher. «Je monte, dit la femme, n'oublie pas d'éteindre le feu ». (Ou la télé). Tout passe, tout se transforme, l'ennui des longues soirées d'hiver demeure. L'homme et la femme se couchent. Le capricorne veille encore un peu.

Ce n'est pas que le capricorne n'apprécie pas la compagnie mais il se sent plus à l’aise tout seul. La compagnie le gêne toujours un peu aux entournures. Il n'arrive pas à penser. À parler encore moins. Ils se sent bête. On le trouve le misanthrope. C'est exagéré. Il préfère se sentir mal aimé tout seul que mal aimé en compagnie, voilà tout. Le capricorne est un type qui a besoin qu'on l'aime énormément mais qui n'aime pas réclamer.


C'est la plus longue nuit de l'année, peut-être même la plus froide. La nature est au congélateur. Le paysan songe à prendre deux ou trois jours de vacances. L'industriel agro-alimentaire à collé des étiquettes dorées et des rubans sur ces boîtes que le grand magasinier dispose sur ses rayons, en petits tas artistiques. C'est bientôt les fêtes. Le capricorne a horreur des fêtes. Le capricorne n'aime que les choses singulières. Le pluralisme lui cause des migraines. Quand on lui demande ce qu'il pense du monde en général, le capricorne répond qu'il y a trop de monde.


Quand il répond. Le capricorne est taciturne. Il n’envisage que les accords tacites. S'il faut expliciter, il n'est déjà plus d'accord.


Le capricorne et terriblement secondaire. Il enregistre. Il fait de la confiture d'observations. Ses réparties sont cinglantes. Elles lui viennent souvent le lendemain. C'est pourquoi il se met écrivain, pour pouvoir les placer. Ou grand homme politique, pour ne pas avoir à répondre du tout. Staline ne répondait jamais aux questions, ou alors plusieurs jours après, ou alors il faisait répondre par quelqu'un d'autre, ou alors vous deviez attendre que les camarades vous expliquent, au camp.


Le Christ répondait par des paraboles, ce qui est une façon de ne pas répondre non plus.


Nous revenons de voir deux types extrêmes de capricorne. Au demeurant, on rencontre dans la vie des capricornes intermédiaires. De bonnes biquettes qui se laissent traire sans bouger, sans mettre le pied dans l'écuelle, comme la petite chèvre de M. Seguin. Cependant, ils n'en pensent pas moins, n'en doutons pas. Ils pensent à la montagne. Ils rêvent du loup.


Le capricorne veut voir le loup sur la montagne. Ça lui prendra le temps que ça lui prendra mais il ne veut pas mourir sans avoir vu au moins une fois le loup sur la montagne.


On aura noté ce que cette quête du loup sur la montagne peut avoir de mystique. Et d'ambitieux.


Le capricorne est ambitieux, tellement ambitieux que cela passe parfois inaperçu. Il va jusqu'à nourrir l'ambition de se débarrasser de ses ambitions, ce qui est le comble de l'ambition.


Le capricorne ne choisit jamais la facilité. Il choisit la difficulté. Il se laisse aller à la difficulté. Au milieu des difficultés, il se prend parfois à penser que la vie est facile. Il proclame de temps en temps - avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il s'agit là d'un produit dont il n'abuse guère - que la vie est simple, que tout est possible et qu'il suffit de ne pas se priver. La vie apprécie peu ces déclarations épisodiques du capricorne. Elle se charge de le mettre à genoux. (Le capricorne est fragile des genoux).


Le capricorne est le signe le plus élevé du zodiaque. Quand on monte, on prend le risque de tomber, comme dit la vierge qui a le sens de la déduction. La lumière noire de Saturne le guide sur des sentiers solitaires et escarpés, parfois elle éblouit. Quand il chute, le capricorne se ramasse avec dignité. Il dit qu'il avait fait exprès. Que, bon, il ira plus haut la prochaine fois. Et puis que, d'ailleurs, tout ça ne l'intéresse plus.


Les sommets sont aussi des rétrécissements.


Le détachement et le renoncement sont des vertus qui ont leurs qualités et leurs défauts.


Le capricorne déteste la jeunesse. Son enfance fut très triste, même heureuse. Adolescent, il faisait très jeune vieux. Il était déjà très âgé à sa naissance. Ça s'arrange. Le Dieu du temps est avec lui. Léautaud affirmait, à l'âge de 80 ans, qu'il avait « prodigieusement rajeuni avec les années ». Le capricorne rajeuni. Mieux, il jeunit.


Cela se termine tout de même en queue de poisson. La tradition, qui confère au capricorne un corps mi-chèvre, mi-poisson, lui indique clairement la sortie. Se laisser glisser, de la montagne, sur la pente du verseau, pour se fondre dans l'océan des poissons où tout s'achève et tout recommence…


C'était la nuit la plus longue de l'année. Le capricorne, qui n'est pas aussi pessimiste qu'il en a l'air, fait remarquer que c'est une condition sine qua non pour que les jours commencent à rallonger.















Prochain épisode : Partage du Verseau

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Partage du Verseau

Message  Swad' (Djinpa) le Mer 3 Nov - 16:11





Rien n'est simple, tout se complique.


Et même se complexifie, comme disent les gens à qui les mots paraissent trop simples. Méfions nous de ces gens. Si je devais ajouter un treizième signe au zodiaque (heureusement, le zodiaque me paraît être assez complet pour un bout de temps encore), j'ajouterai le signe "A-qui-les-mots-paraissent-trop-simples". Je le représenterais avec de grosses lunettes, des cornets acoustiques dans les oreilles et des doigts en crayon à bille. Et peut-être aussi avec une queue en forme de divan chinois. Je l'appellerai le signe du « Pétard Mouillé Qui Tue ». Je sais, c'est sibyllin. (J'adore le mot sibyllin).


Cependant, la simplicité et la complication sont des choses à la fois plus compliquées et plus simples qu'on ne croit. Ainsi, certains individus paraissent «se compliquer la vie » qui vont en fait vers leur simplification. Par ailleurs, il est des simplifications qui compliquent affreusement la marche du monde.


Le verseau est un signe compliqué en quête de simplification.


On le voit sur les photos, à un âge avancé, répandre le contenu de deux fioles, carafes ou amphores. A t’il trop bu ? Annonce t’il le déluge ? Il rétablit l'équilibre, nous dit la tradition qui a beaucoup lu. Il répand équitablement la vie et la mort dans l'univers. Il faut dire que le capricorne un peu exagéré, dans la cristallisation. Le verseau s'occupe de dissoudre tout ça.


Le verseau un peu de goût pour les choses trop denses. L'ordre établi l'ennuie profondément. Les fortes personnalités le chagrinent. Lui ne fait pas tant d’histoires avec son « moi ». (Il ne tient pas à s'alourdir - le verseau est un signe d'air). On comprend que le moi des autres l'agace.


Il aspire à des territoires plus vastes. Il compte bien se consacrer à l'évolution de l'humanité. La fraternité universelle ne lui fait pas peur. Ni même la fraternité cosmique.


Mais il ne faut pas toucher à son indépendance. Et puis il lui faut du changement. Le changement universel ne lui fait pas peur. Il est pour le progrès. Uranus lui inspire toutes sortes de nouveautés scientifiques - des trucs pour débrouiller les choses. Saturne, qui n'aime pas les débrouillards, le tire un peu en arrière : il arrive que le verseau reste seul dans son coin, avec ses jouets électroniques.


Mais, même quand il joue à Cap Canaveral, il ne se donne pas l'air d'avoir inventé la lune.


Le verseau ne paie pas de mine. Il est de nature chétive. (Le lion le tient - sans méchanceté - pour une petite nature).


Le verseau préfère être Mozart que Beethoven. En tout cas, il n'est pas du genre à jouer trop fort de la batterie pour essayer de couvrir la voix du chanteur. Il ne manque pourtant pas de faire entendre un petit son original, de temps en temps, car, s’il « ne se fait pas remarquer », il ne déteste pas qu’on le remarque quand même.


Il veut plaire. Il ménage. Il écoute. Il fait la part des choses. Mais sa vivacité pour le pousser à des extravagances. Son besoin de changement peut le conduire à l'étrange revirement, à des passions déraisonnables - comme sont beaucoup de passions. Son côté anti-matière lui cause périodiquement des problèmes matériels. Il est sujet aux accidents.


Non-conformiste ou même excentrique, le verseau ne verse pas dans le théâtre. D'ailleurs, il serait plutôt spectateur. Il assiste au spectacle du monde avec l'art consommé du critique dramatique un soir de première.


Le verseau se souci de l'avenir. Il a le sens de la continuité. Il rêve de l'homme total. Il est pour le Happy End. On voit combien le verseau peut-être révolutionnaire. Sa lucidité, sa clairvoyance, associé à son manque de goût pour les réalités banales, en font un parfait surréaliste. C'est pourquoi André Breton était verseau.


L'orgueil, qui est aux natures qui ne paient pas de mine ce que la vanité est aux altesses royales, l’empêche parfois de descendre de ses hauteurs. Notons que les hauteurs dont on ne peut pas redescendre ne sont pas de vrais hauteurs.


Certains verseau reste bêtement isolés sur des monticules (Valéry Giscard d'Estaing - 1974 1981).


Je n'ai pas dit que c'était le milieu de l'hiver. On s'étonne du fait que l'hiver continu après Noël.


Le verseau verse un peu de neige, puis de l'eau pour la faire fondre. L'eau gèle. Le verseau verse un peu d'antigel. Sa passion pour l'équilibre fini par le conduire à l'inondation. On ne sait plus où on en est. Les poissons commencent à se sentir à l'aise.














Dernier épisode : Noyade du Poisson




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