De plus en plus d’espèces menacées

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De plus en plus d’espèces menacées

Message  Invité le Dim 2 Nov - 18:41

vendredi 27 avril 2007, par Buddhachannel
De plus en plus d’espèces menacées


Le 11 mai, les américains organisent une journée sur le thème des espèces menacées. La biodiversité traverse aujourd’hui une crise sans précédent. Cette crise, qualifiée même de « sixième grande extinction » par les scientifiques pourrait entraîner la disparition de milliers d’espèces d’ici quelques années.


Ces espèces qui pourraient disparaître définitivement…

Qu’il s’agisse de la faune ou de la flore, le constat est le même : le nombre d’espèces menacées augmente à une vitesse grand V, 25 000 à 50 000 espèces disparaissant chaque année. 30 % d’entre elles (animaux et végétaux) pourraient même s’éteindre si la température s’élevait de 1,5 à 2,5 degrés au cours des prochaines années (d’après le rapport d’avril dernier du GIEC, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat).

L’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF n’est pas plus optimiste. Selon elle, l’indice qui estime les effectifs de certaines populations d’animaux (dans les forêts, dans les océans et dans les eaux douces) s’est réduit de 30% depuis les années 1970. Sa dernière étude (du 5 avril 2007) illustre d’ailleurs cette réalité inquiétante : on y apprend que 30 à 60% de la forêt amazonienne (qui comprend plus de 40.000 espèces de plantes et 427 autres de mammifères) pourraient se transformer en savane, à cause du réchauffement climatique.
Touchés eux aussi, les animaux du désert Chihuahua (situé entre les Etats-Unis et le Mexique) ne résisteraient pas à quelques degrés de plus. Jaguars, mouflons, ours noirs s’ajouteraient à la longue liste des espèces en danger, aux côtés du tigre du Bengale et du panda Chinois.
Dans les océans, les fléaux sont les mêmes. Les saumons sauvages en sont un exemple : à cause de l’augmentation des températures de l’eau et la diminution de la salinité, ils sont de plus en plus rares. La FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a en outre relevé que 90 % des grands poissons (dont le thon et le cabillaud) ont disparu des océans en à peine cinquante ans.

De toutes parts, les informations sont déconcertantes. En Angleterre par exemple, la Société Zoologique de Londres a établit une liste de pas moins de 100 espèces de mammifères en danger d’extinction. En tête des rangs : le dauphin Baiji (ou dauphin de Chine), l’éléphant d’Asie et le Rhinocéros d’Afrique centrale.
L’UICN (organisation internationale regroupant 81 pays, une centaine d’organisations gouvernementales et 800 ONG) évoque quant à elle le triste sort des tortues marines, ou celui des gazelles d’Afrique. En Amérique Latine et aux Antilles, six espèces de tortues sur sept seraient sérieusement menacées (à cause du réchauffement climatique). La gazelle du Sahara, classée dans la catégorie "En danger critique d’extinction" a elle subi une perte de 80% de ses effectifs en dix ans (en raison cette fois de la dégradation de son habitat et d’une chasse non réglementée).

Il n’y a qu’à jeter un œil à la fameuse « liste rouge » de l’UICN (l’inventaire mondial de l’état de conservation des espèces) pour réaliser l’ampleur saisissante de la situation.
De 3 000 espèces menacées en 96/98, elles étaient plus de 5 000 en 2006. Côté flore, le pourcentage d’espèces menacées a augmenté de plus de 60% (au cours des mêmes années).
C’est ainsi que les experts concluent que leur taux de disparition est aujourd’hui environ 1 000 fois supérieur au taux naturel.

Dans de telles perspectives, on ne peut qu’approuver l’initiative américaine de créer une Journée des espèces menacées. En effet, le Congrès a récemment réservé le 11 mai à cette cause. Certes, ce n’est pas une date qui changera le cours des choses, mais la sensibilisation de tous à ce sujet est déjà un premier pas…

L’ensemble de la biodiversité menacée…

"Sous la pression médiatique, tout ce qui concerne la diversité du vivant est projeté dans un environnement lointain et se réduit trop souvent à une valeur patrimoniale autour d’une ou plusieurs « espèces-phare emblématiques » (baleines, panda, ours, etc.)" explique l’association Aye Aye environnement (*).
Car au-delà des espèces dont on entend souvent parler, c’est l’ensemble de la biodiversité qui est aujourd’hui menacé. (Une journée lui est d’ailleurs réservée depuis l’an 2000 : rendez-vous international de la biodiversité, le 22 mai est l’occasion pour de nombreuses associations d’attirer l’attention du public)

Surexploitation, destruction des habitats, changements climatiques, les raisons de ce que les scientifiques qualifient de « sixième grande extinction » ne se comptent pas sur les doigts de la main. D’ici 50 ans, une espèce sur deux serait même amenée à disparaître, essentiellement dans les campagnes, où elles ont déjà beaucoup diminué : en témoigne par exemple la raréfaction des papillons et des abeilles.
Les plantes ne sont pas moins épargnées, destin qui a de quoi préoccuper quand on sait que les ¾ de la population mondiale se soignent grâce à elles. Et, au cœur de la problématique : l’homme. L’homme et ses activités, l’homme et ses technologies, l’homme et ses puissances. C’est (entre autre) l’avis que présentent Bernard Chevassus-au-Louis et Gilles Pipien dans leur ouvrage "Pour la Biodiversité - Manifeste pour une politique rénovée du patrimoine naturel" (**) : "Par impacts indirects, on peut citer les conséquences des modes d’exploitation sur les espèces non-cibles, par exemple l’impact des chaluts industriels sur la faune et la flore marines non exploitées. On peut citer également les multiples aspects de l’aménagement de l’espace (urbanisation, transports, fractionnement des habitats terrestres ou aquatiques, drainage et réduction des zones humides...) mais aussi les conséquences des activités polluantes au sens large (par exemple l’augmentation des apports de matières en suspension dans les rivières, avec ses conséquences sur les zones de reproduction des poissons). Enfin, les changements climatiques qui s’annoncent, pour lesquels le rôle de l’homme apparaît maintenant difficilement contestable, constitue l’exemple le plus extrême de modification « non-ciblée » mais qui sera susceptible, par son ampleur et sa rapidité, de modifier en profondeur la biodiversité." (« Pourquoi une nouvelle politique française du patrimoine naturel ? (**) ») :

Face à cette crise, quelles mesures prendre ? Quelles solutions et quels espoirs ?
Pour les scientifiques, la réduction de l’utilisation de polluants pourrait être un défi majeur pour la France, 3ème utilisateur mondial de pesticides. La création de réserves naturelles, si elle aussi est nécessaire, devra s’accompagner d’autres efforts. Au-delà, ce sont nos comportements individuels et collectifs qui devront changer. Ainsi que l’énoncent Bernard Chevassus-au-Louis et Gilles Pipien (**)"...protéger la biodiversité, ce n’est pas la conserver statiquement, comme une oeuvre d’art qu’il conviendrait de maintenir aussi longtemps que possible telle que l’artiste l’a façonnée. C’est, au contraire, préserver ses capacités d’évolution, d’adaptation à des environnements sans cesse changeants… »

(*) Article collectif de Aye-Aye environnement - Groupe de travail animé et coordonné par Philippe Macquet "Pourquoi une nouvelle politique française du patrimoine naturel ?"

(**) Biodiversité " : Les enjeux qui se cachent derrière ce néologisme(extrait de l’ouvrage collectif "Pour la Biodiversité - Manifeste pour une politique rénovée du patrimoine naturel", publié aux éditions A. Venir - 2005)

Clémence de la Robertie pour WWW.BUDDHACHANNEL.TV

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